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La Plume de Rose Hélène
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Le poids de la liberté

Le poids de la liberté

En préambule il me semble important de vous expliquer la démarche derrière ce texte. Je voulais vous retranscrire le cheminement de mon esprit quand je décide de travailler sur moi en posant en mots sur une thématique précise. Il y a des passages « flous », peut-être difficilement compréhensibles. Effectivement et ils montrent sans doute l’état de mon esprit au moment où j’écris. Je vous laisse faire les conclusions que vous souhaitez. Bonne lecture.

Depuis l’adolescence voire peut-être l’enfance, je mange mes émotions. Cela comblait littéralement un vide affectif et cela me rassurait vraiment. Une sensation d’être plein m’apaisait et me permettait de continuer à supporter les heures, les jours et les mois dans cette ambiance terriblement pesante. Même quand j’ai quitté le foyer familial, cette compensation a continué et c’est encore le cas parfois surtout en période stress. Le seul problème c’est qui semble que je sois souvent stressée…

C’est un cercle vicieux qui se passe en moi. Pour des raisons que je connais je suis exigeante avec moi-même. Et plus je le suis plus je suis mal. Cela s’est un peu atténué avec les années mais toujours présent. Je ne me satisfait pas de ce que je peux faire et aussi, de ce que les autres peuvent faire. Je m’en rend compte depuis quelques années déjà mais je n’avais pas encore l’énergie pour gérer ce (gros) problème. Je culpabilise car je ne veux pas être comme ça. Je veux me moquer parfois de ces détails. Mais non, je n’y arrive pas. Alors les émotions négatives arrivent et je compense encore et encore par la bouffe. Oui, bouffer le seul remède pendant des années …. Désormais, je dois y faire face parce que j’ai pris 20kg de souffrance. Je me sens lourde, réellement lourde. Je n’ai qu’une envie c’est de me sentir légère comme l’air. D’avoir de l’énergie pour des activités qui me plaisent. J’ai envie de me sentir en forme sans ces formes qui ne sont pas à moi. J’ai l’image de moi-même en tête. C’est terrible alors de ne pas pouvoir être comme on est au fond de soi.

Si vous saviez à quel point je voudrais pardonner à mes parents et à moi-même. Si vous saviez à quel point je voudrais croire que j’ai, malgré tout, été une bonne amie pour ceux que j’ai laissé en chemin. Je voudrais croire que je suis une épouse bienveillante et attentionnée pour mon mari. Mais je vois tellement difficilement ce que je fais de bien. Filtre de merde tiens ! Même mes défauts je veux les aimer.

Je vais commencer par écrire tout ce qui me passe par la tête, cela me soulagera déjà d’un poids. Je vais essayer de décrire mes émotions, être vigilante quand je compense à ce que je ressens. Cela sera déjà une étape. Ensuite, je verrais. Je suis sur le bon chemin. Je mérite d’être bien dans mon corps et dans ma tête.

Je culpabilise d’avoir couper les contacts avec ma famille. J’ai l’impression qu’on doit forcément aimer sa famille mais moi je ne ressens pas d’Amour pour eux. Je ne comprends pas pourquoi on se force à voir des gens de sa famille avec qui ça ne fonctionne pas. Je ne me suis jamais sentie assez bien pour aucun membre de ma famille. Il fallait toujours être comme-ci ou comme-ça. J’ai l’impression de n’avoir jamais été acceptée pour qui j’étais ou je voulais devenir. Et j’ai aussi peur de garder contact avec eux et qu’ils me forcent à revenir vers mon père. J’ai peur de lui et de ce qu’il est capable de me faire. J’ai vécu une peur terrible ce 10 août 2018. J’ai peur qu’il vienne un jour pour me faire du mal ou pire faire du mal à Miguel. J’ai peur de reprendre contact aussi avec ma mère et qu’elle le ramène dans ma vie. J’ai peur qu’elle ne soit pas capable de me protéger de lui comme elle ne l’a presque jamais été. Je ne leur fais aucunement confiance. Alors je préfère les éloigner car cela éloigne le danger. Sauf que j’ai l’impression que ce n’est pas juste envers eux sauf mon père. Je culpabilise et est peur d’être une mauvaise personne. Voilà j’ai peur qu’on me considère comme une mauvaise personne. Je ne veux pas l’être. Je ne veux pas faire du mal aux autres… sauf que je n’ai jamais voulu tout ce qui est arrivé et pourtant c’est arrivé.

 

Désormais je suis libre de les garder ou non dans ma vie. Est-ce que je veux les garder dans ma vie ? Ma mère, j’aimerais bien. Les autres non. Je suis trop déçue de leurs comportements. Je ne me sens pas du tout comprise malgré que j’ai essayé quelques années mais on en revient toujours à ce qu’ils essayent de me changer. Est-ce bon pour moi ? Non. Ai-je envie quand même de garder contact en faisant omission de leur comportement ? Non. Ma vie est plus calme et douce sans tout ça. Ai-je des regrets ? Non. J’ai juste peur qu’on me juge. Qui me jugerai ? Les autres. Qu’est-ce qui est le plus important ? Ce que je pense. Que penses-tu ? Que je n’aime que Miguel et qu’il est ma famille. Que j’apprécie mes beaux-parents et que malgré leurs défauts et nos désaccords j’aime bien passer du temps avec eux. Je leur fais confiance si jamais nous avons un problème. Et je serais là pour eux comme je l’ai déjà été. Celui que j’aime de tout mon cœur c’est mon cher et tendre mari. Pour notre couple, je fais et ferai tout pour que nous soyons bien. Je fais cette démarche aussi pour nous. Je veux avoir un enfant et je ne me sens pas encore prête parce que je sais que j’ai encore des choses à régler. J’ai peur de faire souffrir mes enfants avec mon histoire familiale et ce que je n’aurais pas résolu. Toutefois, je crois que je dois accepter que ma famille est telle qu’elle est et je suis différente de ce qu’ils ont essayé de faire de moi. Je me suis toujours rebellée de toutes manières sans doute à cause de leur manière de faire. Ils ne sont pas parfaits. Ma famille n’est pas parfaite. Et donc qu’est-ce que je veux ? Je veux sourire à la vie, être contente de me lever le matin. Je veux avoir de l’énergie et arrêter de m’inquiéter pour tout.

 

Mon père ne reviendra jamais chez moi. Il sait que mon mari ne le permettrait pas et moi je n’ai plus à avoir peur de lui. Je ne suis pas celle qui fait souffrir notre famille, ce sont leur choix, leur comportement. J’ai eu des comportements que je n’ai pas apprécié avoir mais qui étaient en réaction à ce qu’ils m’ont fait subir. Je dois me pardonner. J’ai fait comme je pouvais. Je suis une personne aimante, chaleureuse, impulsive parfois, grognon et amusante. Je suis dévouée aux personnes que j’aime. Je suis responsable et les autres peuvent compter sur moi s’ils le souhaitent. J’ai fait tout ce que je pouvais pour que cela se passe autrement. Je suis même revenue chez eux. Je les aimais et je voulais leur donner tant d’amour. Ils ne pouvaient pas l’accueillir et je le comprends maintenant. Je suis si désolée pour vous. Je vous pardonne. J’ai la force de vous pardonner. Et je me pardonne pour tout ce que je ne voulais pas être et qui est quand même arrivé. Je me pardonne de ne pas avoir compris plus tôt qu’il fallait que je m’éloigne. Je me pardonne mon manque de bienveillance. Je me pardonne. Je suis humaine. Je ne suis pas une mauvaise personne. Personne ne le pense. Personne ne me l’a jamais dit. Je suis Hélène et c’est tout ce qui compte.

 

Je peux me rassurer je suis en sécurité. J’ai un toit sous ma tête. Je n’ai aucun problème financier et je suis une bonne gestionnaire. J’ai le droit de ne pas aimer faire le ménage. J’ai le droit de grogner parfois. Les autres ont le droit de ne pas penser comme toi. C’est bien d’être différent. Tu as le droit de ne pas être d’accord et c’est mieux de savoir le dire avec bienveillance. Tu as le droit de dire merde si c’est trop pour toi. Tu as le droit d’être aimée. Tu es aimée par un homme magnifique, regardes le il te dit je t’aime tous les jours par le regard. Tu adores ton travail et tu es bien où tu es aujourd’hui. Tu as le droit de t’amuser, de rire, de sourire. Tu as le droit de glander, de ne pas faire. Manges du chocolat, prends soin de toi. Joue avec ton chat et surtout, aimes-toi !

 

Le 11 novembre 2020, complété le 2 décembre 2020.

 

Notes de fin : Pour moi, mon problème de poids est lié à ce que je n’ai encore libéré. Le poids de la culpabilité. Le remède: prendre en compte mes réels besoins alimentaires, prendre soin de moi en reprenant une activité physique, continuer l'écriture pour évacuer certaines émotions et surtout me respecter. De beaux objectifs !

Merci de m’avoir lue.