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La Plume de Rose Hélène

La Plume de Rose Hélène

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Bordel parental à ranger

Bordel parental à ranger

[Je parle peu (ou pas) dans mes écrits du travail thérapeutique que j'ai entamé depuis plusieurs années. A ce jour, je suis accompagnée dans ma démarche par une réflexologue. Cet écrit est le reflet de ce qui se passe quand j'avance dans ma réflexion et la mise en avant de mes émotions grâce, ici, au soutien d'une professionnelle. Il montre aussi une petite partie des conséquences de la maltraitance subie enfant qui résonne dans ma vie d'adulte.]

Le 2 septembre 2020, je fais cet exercice que m’a donné la réflexologue. Il en a surgi des maux:

Ce poids sur mes épaules est trop lourd. Ce n’est pas de ma faute… Alors pourquoi je me sens jugée ? Est-ce que c’est moi qui a un regard négatif sur ma situation ? Parce que je sais que je ne prendrais pas soin d’eux quand ils arriveront à un âge où souvent les enfants prennent le relais. Non je ne serais pas là pour eux. Suis-je alors une fille ingrate ? C’est terrible cette société qui veut nous faire culpabiliser ou est-ce la voix de mon père qui me hante… Je ne m’abaisserai pas à justifier mes choix. La vie et le karma feront ce qu’ils ont à faire. Je sais que j’ai fait ce qu’il fallait pour me protéger et prendre soin de moi. La date anniversaire est passé… Pas une nouvelle de ma mère en deux ans, pas une seule fois elle a essayé de me recontacter. Je ne sais même pas si c’est à cause lui ou est-ce son choix… Vous me direz, mais pourquoi souhaites-tu savoir cela ? Parce que je suis leur enfant et malgré toutes les thérapies que je pourrais faire, je reste une enfant mal-aimée et maltraitée. Je peux vivre avec, et je le fais, toutefois je n’oublierai jamais. Le temps fait que c’est moins douloureux, les questionnements sont moins fréquents. Et puis il faut continuer à gérer le quotidien, il faut tenir « son masque social ». Être dans une mélancolie constante ne m’a pas apporté grand-chose alors j’essaye de vraiment sourire, c’est plus acceptable pour mes pairs et pour mon esprit. Je me bats moins souvent aussi, je suis peut être devenue plus raisonnable. Je lui dis à cet « autre » que je ne veux pas sombrer. Il m’écoute et se tait, pas systématiquement hélas. J’ai tellement envie de silence, si vous saviez à quel point ! J’aspire à plus de tranquillité et dès qu’une situation bouscule le peu de sérénité que mon esprit m’accorde, la distance s’installe avec mes pairs. Ai-je appris à prendre le recul nécessaire ou suis-je entrain de fuir ? Les deux mon capitaine. Et alors, pour une fois que je me protège ! Bon ok pardon, je m’emporte un peu… Mais c’est que je ne sais plus trop comment je dois réagir. Bah oui quand on remanie tous ses repères parentaux, ça devient un beau bazar ! Je rangerai demain…

 

Le 5 septembre 2020, Je ne veux plus me sentir abandonnée

Ce matin je me sens si mal. Je n’en peux plus, il faut que ça sorte. Je décide de me lever et là je craque. Il faut que ça sorte alors je pleure et je crie et je crie plus fort encore. Le désespoir n’est pas loin, j’ai si mal… Cette douleur je la connais. C’est celle qui est liée à mes parents. J’ai si mal qu’il faut que ça sorte encore plus alors je crie encore plus fort. Je m’assoies par terre, je suis seule et je me sens seule. Dans ma tête, ça tourne... Je me dis que jamais plus ma mère ne me prendra dans ses bars ou m’aidera. Jamais plus je ne l’entendrai me réprimander sur ma façon de gérer la maison et jamais plus je ne pourrai lui dire qu’il y a plus important que de se prendre la tête avec le ménage. Jamais plus elle ne me parlera de jardinage, des beaux parterres de fleurs qu’elle aime faire. Jamais plus elle me parlera des péripéties des animaux de leur maison. Jamais plus nous nous échangerons nos livres. Jamais plus je ne pourrais avoir des discussions avec elle pour mieux comprendre qui elle est. Depuis plus de deux ans, elle est sortie de ma vie. Je me sens abandonnée par elle. Je me sens seule parce que même si notre relation n’était pas parfaite, on aurait pu avoir une chance de l’améliorer. J’ai si mal et je ne sais pas à ce jour si cela fera moins mal ou si ce sera par période ou qu’un jour je serais apaisée. Ce que je sais c’est que je dois continuer à vivre avec ce sentiment terrible. Toutes mes relations en sont impactées, professionnelles et personnelles. J’ai le sentiment, depuis plusieurs mois, qu’il me coûte trop d’essayer de nouer de nouvelle relation. Je ne me sens plus capable, je n’ai plus envie. J’ai donné et sans doute un peu trop à une certaine époque. Ce travail sur moi, mon histoire m’amène à reconsidérer mon investissement auprès des autres. L’ajustement était nécessaire et j’en suis consciente. J’ai comme l’envie de retrouver une sorte de cocon alors je crois que je prends mes distances avec mes pairs pour mieux me protéger. Un jour, peut-être, je sortirai… Finalement, ce pressentiment que j’avais il y a quelques années arrive : je laisse la solitaire en moi s’exprimer. Je crois que cela me ressemble beaucoup plus. Je retrouve une version de moi, l’enfant que j’étais. J’avais aussi beaucoup de joie de vivre. Il est désormais important de ne pas laisser les autres l’écraser.

Que puis-je apprendre aujourd’hui… Si je n’avais pas pris de distance avec mes parents, je ne pense pas que tout cela aurait pu se révéler. Même si je me sens abandonnée, je sais aussi que c’est deux ans sans eux m’ont permis de commencer à être celle que je suis et non leur objet. Je dois continuer à devenir honnête avec moi-même. Mon meilleur pilier il semble que ce soit moi alors je vais devenir plus forte encore, j’espère plus avisée et surtout, plus heureuse.

[... J'ai rangé un peu ce bazar parental, ça devrait suffire pour avancer à la prochaine étape...]

Hélène