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Maux, Espoir et Résilience.

Maux, Espoir et Résilience.

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Bien plus qu'un film ...

Bien plus qu'un film ...

Bien plus qu'un film ...

Je regarde "Le cercle des poètes disparus", un des films qui a marqué mon adolescence. CARPE DIEM il disait ...

Je le regarde car je me sens désespérée aujourd’hui. J’avais ressenti cela en regardant ce film. Le désespoir de ne pas voir dans cet Autre que l’on aime la fierté, la reconnaissance de ce qui fait de nous, nous. Se voir dans l’Autre... c’était cela qui me désespérait. Ma sensibilité m’empêchait de garder seulement le positif et de mettre de côté le négatif. Toutefois, il n’y avait que très peu de personnes à me montrer un peu de douceur, de mots gentils, de gestes tendres. J’ai plutôt connus la violence des mots et des gestes, la violation de mon intimité, les phrases désobligeantes, le dénigrement, l’absence de place... J’ai toujours cru que je n’étais pas faite pour ce monde... trop naïve, trop affective, trop émotionnelle, trop attachée à ce que tout le monde s’aime, trop attachée à ce que l’on m’aime.

Et j’ai perdu des personnes de ma famille, de mon entourage proche dès l’enfance. Des blessures qui mettent du temps à cicatriser. Je pense à eux parfois... la chanson les Amants de St Jean, des crêpes, le dessin d’un chat, un beau parterre de fleurs, un jeu de dames, des rochers en chocolat... Ils sont fugaces ces souvenirs mais j’essaye de les garder avec moi. Il me rappelle que j’ai eu de bons souvenirs au milieu de la peur d’être rabaissée une fois de plus, de n’être pas assez belle, intelligente, sympathique et qu’on me le fasse clairement comprendre. Je me souviens de tout, je voudrais juste oublier. J’ai fait le choix d’ouvrir ma voix... j’étais si en colère. Mais est-ce que j’avais vraiment le choix ? Est-ce que ma survie ne tenait finalement pas qu’à cela ?

J’ai dû changer pour m’adapter à ce monde. A ces Autres qui eux-mêmes luttent pour trouver leur place. Lutter pour être accepté[e]. Avec les années j’ai compris que le plus important c’est de s’accepter. Mais qui suis-je ? Et comment faire la part des choses entre mes choix et ce que l’on a fait de moi ? Ces âmes qui m’ont changé en me faisant du mal...

Je cherche en vain un chemin depuis tant d’années. Je l’ai cherché de manière différentes : par les liens d’Amitié, par l’Amour, par le travail. Et rien n’a changé en fait aujourd’hui. Retour à la case départ : le mal-être.

Il y a un peu plus de deux mois j’ai dû stopper cet engrenage de peur, d’anxiété et d’angoisse que générait mon travail. Au-delà de ces conditions de travail pleines de paradoxes, ce qui m’a le plus blessé, terrassé c’est de ne pas avoir de place. Cette peur de ne pas être là où je devais, de ne pas être acceptée. D’être intruse au milieu de ceux qui devaient être mes pairs. Être seule face à eux... Oui à nouveau j’étais l’intruse. L’insécurité ressentie ressemblait tellement à celle vécue dès mon plus jeune âge. Je croyais réellement aux valeurs du travail social, des valeurs que je recherchais. Toujours trop naïve, trop idéaliste sans doute. J’ai aussi rencontré des collègues qui me restent en mémoire positivement. Toutefois, la fissure est là. Elle s’est agrandie.

Abandonner cette profession... cela me brise le cœur rien que d’y penser... mais que se passe-t-il ? Comment peuvent-ils faire cela ? Que sont devenues la solidarité, la bienveillance et l’éthique ?

Je ne suis pas faite pour cette profession finalement. Ils ne feront qu’une bouchée de moi. Ma voix s’éteint aujourd’hui.

« Neal est mort ». Il ne voulait qu’être lui-même. Vous me direz, « ce n’est qu’un film Hélène ». Non, c’est bien plus que ça. C’est le symbole de l’espoir de choisir la personne que l’on veut être. Aller au-delà du formatage et des normes. Trouver sa place au milieu du conformisme. Trouver sa voix.

« O capitaine, mon capitaine ! » Je suis le maître de mon âme. Ne laissons pas les Autres définir ce que nous sommes.

28/06/2017, Hélène.